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  • NICHOLAS SNOWMAN, directeur général


    Après ses études à l’Université de Cambridge, Nicholas Snowman entame d’emblée une double carrière musicale : il travaille en effet dès 1967 à Glyndebourne en tant qu’assistant du Chef de la Préparation Musicale et, parallèlement, fonde avec David Atherton le London Sinfonietta, dont il est directeur général de 1967 à 1972. Il devient ensuite à la demande de Pierre Boulez le tout premier directeur artistique de l’IRCAM (1972-1986), avant de co-fonder l’Ensemble Inter-contemporain (EIC), dont il est aujourd’hui encore vice-président. À Paris toujours, il est de 1979 à 1986 directeur artistique au Festival d’automne pour des cycles restés fameux consacrés à Stravinsky (1980), Pierre Boulez (1981) ou encore Anton Webern (1983).

    Premier directeur artistique puis Directeur Général du South Bank Centre à Londres (1986-1992 et 1992-1998), il réorganise le fonctionnement et instaure la pluridisciplinarité au sein de ce complexe culturel, le plus grand d’Europe – il regroupe en effet le Royal Festival Hall, le Queen Elizabeth Hall, la Hayward Gallery, la Purcell Room, la National Poetry Library etc., tout en développant les projets artistiques les plus audacieux, comme cette saison pluridisciplinaire consacrée à la célébration du bicentenaire de la Révolution française en 1989, « Revolution revisited ». Il organise également une série de portraits, dont celui de Berio, Ligeti, Carter, et Messiaen, pour lequel est donné, en sa présence, le jour de ses 80 ans, la création britannique de saint François d’Assises. Dans le même esprit, il organise en 1994 le Festival « Deutsche Romantik » composé d’une exposition autour de Caspar David Friedrich, des premiers Wagner donnés sur instruments d’époque avec Sir Roger Norrington, de différentes œuvres de Schumann… Il devient ensuite Directeur du festival de Glyndebourne (1998-2000), dont il planifie les saisons de 2001 à 2003. On retiendra entre autres une Carmen mise en scène par David McVicar avec Anne Sofie von Otter dans le rôle titre et le tout jeune Philippe Jordan à la baguette, ou encore les débuts de Nina Stemme en Isolde pour le tout premier Wagner de cette maison…

    Admirateur de Berlioz, Nicholas Snowman est membre du Conseil d’Administration de la New Berlioz Edition dont la double barre finale a été imprimée en 2006, coïncident avec une nouvelle production des Troyens à l’Opéra national du Rhin, marquant le retour de ce chef-d’œuvre de l’opéra français sur la scène strasbourgeoise, avec le prestigieux Michel Plasson au pupitre. À la tête de l’Opéra national du Rhin, qu’il dirige depuis 2003, Nicholas Snowman s’est attaché à développer la création et la qualité artistique des productions, faisant appel aux metteurs en scènes les plus remarquables de leur génération, Giorgio Barberio Corsetti, Klaus Michael Gruber, David McVicar, Peter Sellars ou encore Jean-Marie Villégier, mais promouvant également de jeunes talents prometteurs, comme Mariame Clément ou Emmanuel Demarcy-Mota. Les chefs d’orchestre et les chanteurs sont également d’un niveau international, depuis Marc Albrecht jusqu’à Michel Plasson, en passant par Carlo Rizzi, Ivor Bolton ou Emmanuelle Haïm pour les premiers, et Karita Mattila, Mireille Delunsch, Jonas Kaufmann, Béatrice Uria-Monzon ou encore Joseph Calleja côté chanteurs. Nicholas Snowman promeut également quelques nouveaux talents aujourd’hui internationaux, comme la soprano belge Sophie Karthäuser ou le jeune ténor français Sébastien Droy. Après une première saison intitulée Vendanges tardives consacrée aux œuvres testamentaires des grands compositeurs lyriques ( Falstaff, Les Boréades, Béatrice et Bénédict etc.), il articule ses saisons suivantes de manière plus thématique, comme ce cycle troyen organisé sur deux saisons avec, comme œuvres-phare, Les Troyens de Berlioz, Idomeneo de Mozart (deux ouvrages jamais montés ici depuis presque un demi-siècle), La Belle Hélène d’Offenbach, Elektra de Richard Strauss ou Cassandre de Michael Jarrell. La musique contemporaine reste d’ailleurs l’un des points forts de sa programmation : créations mondiales ( Pan de Marc Monnet, L’Autre Côté de Bruno Mantovani, le Pont des Ombres d’Olivier Dejours) ou françaises ( The Tempest de Thomas Adès, Frühlings Erwachen de Benoît Mernier).

    Par ailleurs, Nicholas Snowman a su initier et mettre en œuvre une stratégie de direction et de politique financière préconisant le dialogue et la transparence au sein de l’Opéra national du Rhin. Cette stratégie, basée entre autres sur la haute qualité des ateliers de construction, a permis un développement national et international significatif du réseau de locations et de coproductions de l’OnR, mais aussi un véritable essor des actions de mécénat et de partenariat. Cette vision et cette volonté opérationnelle ont également permis de résorber les déficits dont il a hérité afin de laisser une situation financière totalement assainie au terme de ses mandats. Pour Nicholas Snowman, une maison d’opéra bien qu’étant fondamentalement une institution artistique doit être gérée comme une vraie entreprise.